JACQUES SOULIÉ
Je peins comme je peux

exposition du 23 février au 7 mars 2026


D’une manière ou d’une autre, les œuvres de Jacques Soulié touchent aux limites, à la fois dans les sujets abordés, la manière dont ceux-ci sont traités et les ambivalences qui les habitent. C’est ce que souligne la malice du titre de l’exposition à la Galerie du Tableau : « Je peins comme je peux ». D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ? Peut-on peindre comme on ne peut pas ?

Les peintures « Tête d’oeuf », en référence aux moqueries que Jacques Soulié a subies dans son enfance, ont germé pendant la période du Covid. Ces visages, il les coince jusqu’aux bordures de la toile tendue sur le châssis. Dans la contrainte d’une réduction d’espace, d’une économie de moyens, d’une privation relationnelle et d’une condensation de temps, les pensées et gestes de l’artiste se déploient vers l’intérieur, forcés à rester dans un espace limité. Alors, Jacques Soulié, dans un dialogue avec lui-même nourri de souvenirs intimes, mais aussi de références à l’histoire de la peinture comme Victor Brauner ou Pablo Picasso, en profite pour s’échapper. Les formes glissent de la face aux profils, des dialogues s’opèrent entre les yeux et la bouche, les mains et le nez, la lune et le soleil. Ces oeuvres sont porteuses de renversements, sans doute une manière de lutter contre les injustices et les carcans. Avec une juste simplicité, les peintures de Jacques Soulié trouvent un équilibre solaire et courageux face aux angoisses qui isolent, elles portent en elles les possibilités de se réinventer avec plus de liberté

Jérémy Chabaud, février 2026